TA page personnelle est TA maison : fais-y respecter TES règles !
Perdus entre liberté d’expression et droit de réponse, l’internaute se prenant tour à tour pour un élu ou pour un média, oublie que son profil sur un réseau social est l’extension pure et simple de son chez soi dont il porte toute la responsabilité, mais où il est en droit d’y faire entrer et sortir, sans la moindre explication, sinon par pure courtoisie, qui bon lui semble. Pourtant, il peine à effacer un commentaire et bénéficier du droit à l’erreur ou à l’oubli, comme il peine à simplement ne pas répondre aux provocations et à utiliser la fonction divine « blacklister » que pourtant il applique chez lui quand il s’agit de stopper le harcèlement des démarcheurs qui veulent lui vendre ce qu’il ne désire pas. L’internaute moyen étrangement culpabilise et se soumet volontairement ainsi à la tyrannie des nouveaux tribunaux médiatiques dont les personnes et personnages publics se passeraient bien. En réalité ces relations virtuelles sont comme des amis que l’on reçoit chez soi, ou bien que nous croisons chez des amis communs, ou encore, qui accidentellement, sur la terrasse d’un café, interviennent sans y être invités dans votre échange avec un tiers sous prétexte que vous parlez à haute voix dans un lieu public et que l’on vous entend. Êtes-vous certains de ne pas pouvoir vivre dignement le samedi soir sans vous faire happer dans des échanges stériles que vous n’auriez jamais acceptés ni chez vous, ni chez des amis communs, ni sur la terrasse d’un café ? Êtes-vous certain en laissant trainer des propos peu élogieux de vouloir donner à Big Brother matière à vous fragiliser et vous cataloguer livrant publiquement vos points faibles hors de votre contrôle absolu avec l’excuse que « vous n’avez rien à cacher » ? Ne vous y trompez jamais, l’insulte est l’arme des faibles et le sera toujours. C’est bien le rôle du loser que vous voulez assumer ? Qui a dit qu’il fallait répondre dans la minute aux messages privés laissés dans vos messageries ? Qui a dit qu’il fallait accorder le privilège à quelqu’un de rectifier vos publications, y apporter des précisions ou des remarques et lui faire croire qu’il enrichit ces dernières de ses précieux apports intellectuels ? Au nom de la démocratie ? Laquelle, si vous êtes CHEZ VOUS ? Une page personnelle est votre maison, une sorte de lieu avec un gouvernement monarchique et des frontières bien définies que vous êtes libre de fixer et libre de faire respecter. Évidemment, cela fonctionne également en sens inverse et il faut accepter que chaque intervention intempestive chez un ami, une relation, un voisin ou un inconnu, puisse se solder par le silence ou le bannissement définitif. Les publications tierces sont donc à prendre ou à laisser et quand elles provoquent un trouble à l’ordre public, elles sont tout au plus à dénoncer afin que les autorités compétentes fassent leur travail (sic, ok, ok …) Si vous aimez des publications, vous construirez avec leurs auteurs des relations sur des points communs et exploiterez positivement ces réseaux qui peuvent donner des résultats extraordinaires. Si vous ne les aimez pas telles qu’elles sont, si vous vous sentez absolument contraints d’y apporter votre contribution, de faire des distinctions, de signaler, de clarifier, de corriger, de rectifier et de discuter, alors ouvrez directement le débat, à vos risques et périls, chez vous, sur votre propre page, où vous aurez certainement une bien plus grande satisfaction et éviterez de vous faire rembarrer, à juste titre, par son auteur. Désormais tous sont en capacité d’avoir des milliers « d’amis » : si sérieusement il fallait répondre à chaque détracteur ennuyé et ennuyeux, gaspillant son temps à vouloir gaspiller le votre avec l’excuse qu’il est au chômage, à la retraite, en invalidité ou en maladie, vous passeriez la journée à compter les poux sur la tête des autres. Chacun son sport… Combien se sont fait invectivés avec l’excuse de discriminations diverses alors que eux aussi sont des personnes vivant des discriminations ? On ne compte plus les cancéreux discrets qui lisent « tu ne connais rien à la maladie toi, avec ta belle bagnole et ta belle maison », les chômeurs sénior de longue durée au RSA qui subissent la colère des salariés qui concluent sur une photo qu’ils ne savent pas ce qu’est la baisse du pouvoir d’achat, et on peut continuer ainsi des heures. Alors pourquoi riposter devant violence psychologique, ignorance, manque de civisme, d’éducation, d’intelligence, etc…qui quoi que vous puissiez répondre, ne pourra que provoquer en face des réactions irrationnelles exponentielles ? Et si vous êtes ceux qui agissent ainsi, comme des poux dans la vie des autres, pourquoi vous attendre à plus que du dédain et le bannissement sans autre procès ? Les publications méritantes parmi les plus intéressantes et enrichissantes sont postées par ceux qui généralement ne font pas de la recherche « d’amis » leur priorité, tout comme ils ne recherchent pas le consentement à leurs théories. Ce sont celles qui apportent matière à réflexion, informations de qualité, celles que nous serions allées chercher dans un livre que nous aurions payé pour en connaitre le contenu. Et un livre se lit en silence. Se digère. Et pour les plus chanceux, un livre donne de nouvelles idées, théories… Nul besoin pour les esprits brillants d’être affables, de vouloir plaire, d’avoir un bon caractère, d’être gentils, ou d’être politiquement correct. Ils n’ont pas besoin des autres pour penser et n’auront cure de répondre. Pour les autres, il est prudent de se questionner s’ils ne croiseront pas un jour ceux qu’ils auront gratuitement insultés ou si ceux-ci n’ont pas un pouvoir de nuisance sur le RSA, la retraite, les indemnités journalières, la pension, etc…qui leur permettent de passer des journées à invectiver ou commenter maladroitement tout ce qui bouge…Un fonctionnaire mal luné peut causer de terribles dégâts … Toujours ici ? Si vous avez lu jusqu’ici, soit vous êtes masochiste, soit vous faites partie de ces ours mal léchés qui captent parfaitement ce discours, avec 1000 messages en attente de réponse et des centaines de demandes d’amis sur divers réseaux d’une part et un wagon de relations qui confondent l’hospitalité et droit de propriété d’autre part. Ceux-là, ceux qui n’ont rien à vendre, rien à prouver, qui ne vont jamais commenter chez le quidam d’à côté, sont accusés d’arrogance face à leur silence et le recours systématique au blocage. Et ça les fait rire. Ils ont en effet l’habitude de remplacer en quelques minutes des centaines de relations virtuelles qu’ils bannissent en quelques heures, en invitant au passage leurs détracteurs à aller vivre leur vie par procuration sur d’autres profils similaires au leur. Alors pour ceux qui veulent tirer parti de ces réseaux, y construire un projet, des relations saines, devenir à leur tour ceux qu’on lit en silence et non ceux qu’on bannit dans l’indifférence, nous vous traduisons le Décalogue « Comment rester de bons amis » du Professeur d’Économie : Premièrement : vous n’êtes pas une agence de communication. Ne cédez pas à « fais tourner » et à vouloir « faire tourner », car inutile d’illustrer ce que vous faites réellement tourner avec cette fâcheuse manie du « partage ». Deuxièmement : je ne vis pas dans un cirque. Ne m’écris-tu pas « quand tu viendras chez moi » ? Troisièmement : je ne suis pas l’oracle de Delphes. Est-ce que je ne réponds pas à des questions du type « à votre avis, quand sortirons-nous de l’euro » ? Quatrième : Je ne m’accroche pas aux fêtes des autres. Libre de créer le groupe en faveur du moucheron du Salento, mais je vis – même si c’est inhabituel pour vous – même sans que vous m’inscriviez. Cinquièmement : Je ne recherche pas de relevés de parasols. Libre de m’écrire un WOT (Wall of test) mais sachez que ma probabilité de le lire est inversement proportionnelle à la longueur. Sixièmement : je ne cherche pas le débat. Si vous n’êtes pas d’accord avec moi sur quelque chose, aussi improbable que cela puisse paraître, je dormirai comme une bûche même en le sachant. Septièmement : Je n’ai pas le calendrier de Frère William ou de Sœur Melania. Je suis d’origine paysanne rude, je parle mal et ne demande pas de conseil sur la fin imminente du monde. Huitième : je suis encore plus paresseux que désagréable. Sachez que chaque jour je reçois au moins une dizaine d’indications de livres à lire absolument, des vidéos incontournables et des liens vers des avis de personnes dont vous ne pourrez plus vous passer. Les seuls dix dont je me passerai ce jour-là, ce sera toi. Neuvième : Je suis convaincu par les statistiques qu’il est peu probable de rencontrer le génie. Je sais qu’il y aura ceux qui auront la solution pour réduire la dette publique italienne en six mois, je le sais. Je sais aussi que statistiquement ce n’est pas toi. Dixième : Je suis un réaliste. A cause d’avoir pris un avion je ne pense pas savoir le piloter, malgré avoir vu les JO à la télé je doute de pouvoir entraîner un athlète au saut à la perche et même si je sais qu’en appuyant sur un bouton la lumière s’allume je ne commencerait pas à parler d’électricité. S’il te plaît; ne m’expliquez pas ce qu’est une banque ou de l’argent du fait que vous aussi avez un compte courant et avez lu Wikipédia. Votre avis, vraiment, ne m’intéresse pas. Si vous pensez qu’il est intolérable pour vous d’accepter une ou plusieurs de ces conditions, ne me demandez pas d’amitié. Après l’avoir eu, mathématicien, au premier message je recommanderais la première barre d’angle pour le bianchino. »